Récit n°9 – Un jour sans fin

Un jour. Trois villes. Cinq moments. Entre Isère et Savoie.

Effervescence. Il est 5h Grenoble s’éveille. La nuit humide accompagne les livreurs, les marchants et les nettoyeurs de rue. De notre côté rendez-vous 4 rue de Strasbourg. Ici, c’est Les Alpages, la fromagerie de Bernard Mure-Ravaud. Champion du monde, détenteur de deux records au Guinness et meilleur ouvrier de France. Rien que ça. Nous arrivons avec quelques minutes de retard alors que la veille, l’homme au col tricolore nous avait donné rendez-vous pour l’interview à l’ouverture. Et pour cause, c’est déjà l’effervescence. La dizaine d’employés s’affaire alors que la queue devant le magasin s’allonge. Le ballet des livreurs à palettes est incessant. Quand nous repartons il est 7h… Quinze personnes attendent leur morceau de fromage dans la nuit grenobloise.

Il est 6h devant la fromagerie Les Alpages. Julien Vaurillon.

Âme. Il est 10h15 quand nous sortons de la chambre pour la seconde fois. Ion, notre hôte d’origine roumaine nous propose un café… suédois. « C’est là où mon père est décédé », nous glisse-t-il. Il est de ceux qui vous font croire en la race humaine. Gentil, curieux, cultivé. Derrière nos tasses en porcelaine blanche et bleue remplies de café suédois, préparé à la turque, nous écoutons. Les billes bleues de Ion brillent. Sa chemise un peu grande possède une poche dans laquelle il a glissé son étuis à lunettes. Après avoir lu dans le marc de café, il nous conte : « Chez nous on pense qu’il y a trois choses, le corps, l’esprit et l’âme. Et que dans chaque action, chaque rencontre, il doit y avoir un petit geste pour l’âme des défunts ». Ce moment de partage d’autant plus symbolique restera longtemps dans nos mémoires.

Les petites attention de Ion sont exquises. Inès Soto.

Inconscience. Alors que nous quittons Ion, le soleil chauffe derrière un épais nuage de brume qui englobe les bâtiments et les gens. chargés comme des baudets nous hésitons. « On tente la vue depuis le Belvédère ? ». Et c’est parti pour les escaliers. Un grenoblois aux joues ridés nous emboite le pas. Bonnet sur la tête mains dans le dos, il entame la discussion alors qu’il progresse à vive allure, nous obligeant inconsciemment à élever notre rythme. « Après ces marches vous en avez pour une heure et demi… ». L’abandon est présent. Les courbatures aux trapèzes aussi.

Grenoble sous la brume. Julien Vaurillon.

Trompe. Il paraît qu’un éléphant ça trompe énormément, mais savez-vous pourquoi l’animal à trompe est à Chambéry partout présent ? Nous on cherche encore…

Rencontre. La nuit est tombée. Après notre visite d’Aix-les-Bains nous regagnons le hameau où notre hôte nous attend, à quelques minutes de là. Sur le chemin entortillé qui monte, et monte encore, l’animal surgit. De gauche à droite. D’un fossé à l’autre. Nous venons de faire la rencontre sauvage d’un renard.

@jvaurillon

3 commentaires sur « Récit n°9 – Un jour sans fin »

  1. Que de belles rencontres !! Que de moments inoubliables !! En cette période si morose, vous nous montrez avec panache qu’il y a encore de quoi croire en l’espèce humaine !!! Alors merci, bravo à vous deux !! Continuez ainsi à vous éclater !!👍😘

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  2. Grâce à votre périple, nous découvrons des endroits magiques et des artisans passionnés. Cela stimule et donne la pêche en cette période difficile …
    Bravo pour les articles ! Nous poursuivons le jeu de pistes !

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