Une bière alpine, les pieds dans la boue

Maraîchage, élevage de bovins, table paysanne et culture du houblon occupent la famille de Cindy Combe près de Chorges dans les Hautes-Alpes. 

Il y a la rousse, la brune et la blonde. De bières. Dans les Hautes-Alpes une famille paysanne s’est lancée dans la culture du houblon. « Le brasseur de Serre-Ponçon nous a demandé de faire un essai sur une petite structure et la plante s’est super bien acclimatée », explique Cindy en tenue de travail. Leur breuvage alcoolisé aurait pu être le premier 100 % local en France si son malt n’était pas fait en Savoie. Ce qui n’empêche pas les locaux d’adopter Lou Pica-Paouto, depuis près d’un an.

Cindy est installée sur l’exploitation familiale depuis quatre ans. Elle est passionnée de cuisine.

« On est une entreprise familiale. Un jour, avec mes cousins, on s’est rappelés le patois de notre grand-père et on a choisi ce nom, Lou Pica-Paouto. » Il signifie : les pieds dans la boue. « La paouto c’est ce que j’ai sur mes bottes », ironise l’agricultrice. Aujourd’hui Cindy s’épanouit dans ses champs entourés de montagnes. Dans une autre vie elle était commerciale. Sourire aux lèvres elle se remémore ses débuts. Elle qui a repris l’exploitation familiale avec son frère il y a quatre ans. 

Du champ à la chope

Après l’arrière grand-père, le grand-père, le père de la famille Combe se lance dans la vache et le maraîchage. « Les deux générations précédentes élevaient les moutons. » Et puis comme la jeune femme partageait la passion de la cuisine avec son paternel, ils décident d’ouvrir une table paysanne. Ainsi qu’un atelier de transformation qui sort de terre petit à petit. « On fait tout nous même. Dans cet atelier on façonnera le saucisson avec nos cochons, on fabriquera des steaks avec nos vaches et on cuisinera des purées avec nos carottes. »

Pas de label. Cindy et sa famille préfèrent faire grimper le consommateur dans leur tracteur pour qu’il découvre leur travail. Autosuffisants, ils nourrissent leurs bovins avec la paille et le foin de leurs terres. Et pour la culture du houblon, c’est tout à la main. « On a moins d’un hectare. On produit des petites quantités. » 

Habitué aux terres chaudes, en Amérique ou Australie, qui aurait cru que le houblon se plairait dans les Hautes-Alpes ? Certaines espèces ont adopté la neige, le froid, le gel. Elles s’épanouissent et donnent à Lou Pica-Paouto toutes ses saveurs. « Je pense que cette plante absorbe les odeurs de son environnement. » Une bière au goût des Alpes se déguste donc par ici. Epaisse et colorée, riche comme la nature qui lui a donné la vie.

@inessotopro

2 commentaires sur « Une bière alpine, les pieds dans la boue »

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