Récit n°14 – Genève, la ville du bout du lac

Genève en deux jours. Nous avons goûté un petit morceau de Suisse. Et d’après nous, tout n’est pas exceptionnellement savoureux.

Le vrombissement des voitures, la foule. Au sortir d’une gare urbaine il est fréquent de prendre un shot d’effervescence. Les portes de Genève, métropole suisse, nous sont ouvertes ce lundi matin. Avec la grisaille et la pluie comme plafond. Premier monument, la basilique Notre-Dame. Nos jambes prennent ensuite des petits chemins et se dirigent vers le Rhône. La pluie se transforme en neige fine qui griffe nos joues. La traversée du fleuve est difficile.

L’opéra, si majestueux, nous indique le parc des Bastions. « Il revêt des couleurs différentes au fil des saisons », assure un écriteau. Belle surprise en son milieu, lorsque nous nous trouvons, tout petits, face au Monument international de la Réformation. Mur long d’une centaine de mètres, il a été édifié pour le 400e anniversaire de la naissance de Jean Calvin (théologien et pasteur emblématique de la Réforme protestante du XVIe) ainsi que pour le 350e anniversaire de la fondation de l’Académie de Genève (aujourd’hui l’université de Genève).

Joli centre, entouré de banques

La cathédrale Saint-Pierre et sa tour verte nous ébahissent. Comme aimantés par sa splendeur, nous avançons vers elle. Elle est le joyau de la vieille ville. D’autres monuments valent le détour, et les petites ruelles sont typiques. Nous tombons d’ailleurs par hasard sur l’église russe de Genève. Son esthétique détonne. Mais l’enchantement s’arrête là. Le long du Rhône les marques de luxe concourent pour avoir la plus grande enseigne. Et les banques fourmillent. Genève est une importante place financière mondiale, et l’on ne voit presque que ça.

Un peu déçus mais conscients que le deuxième jour nous permettra d’approfondir cette exploration, nous rentrons sur Gaillard. C’est un petit bout de ville français, accolé à la frontière avec la Suisse. Gris et peu charmant, il nous a tout de même permis de reposer nos jambes après près de 14 km de marche à pied.

Jour 2

La cloche du tramway retentit. Il prend son élan. 10, 20, 30 mètres plus loin, nous voilà en Suisse. Tout d’un coup le wagon se stoppe. « Que se passe-t-il ? Un voyageur a tiré la sonnette ? » Les portes s’ouvrent. Une petite dizaine d’hommes en uniformes rentrent. Contrôle d’identité. Comme hier à l’arrivée du train, la douane se montre présente.

Moins d’une heure plus tard nous voilà à Confignon, petit village paysan nous faisant oublier les bruits de la ville. Son nom nous procurerait presque des maux de tête, tellement il nous rappelle la nouvelle devise du gouvernement français : « Confinons ».

Pas abattus par nos échecs de la veille, nous chassons la spécialité genevoise. Dans notre besace à la fin de la journée : une longeole (saucisse à cuire), des chocolats mais pas de cardon, ce légume consommé en grande quantité en période de Noël, qui fait la fierté du comté.

Entre chaise et lumières

De retour en plein cœur de la seconde ville de Suisse (en terme de nombre d’habitants). Nous décrottons nos sneakers encore boueuses sur l’asphalte du quartier qui entoure la gare. Direction Nations.

Dans ce coin de la ville aux allures modernes, trône la « broken chair » (chaise cassée) de Daniel Berset. Une colossale sculpture de bois de 12 mètres de haut qui appelle tous les États à l’universalisation et à la mise en œuvre rapide et complète de la Convention d’Ottawa (Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel signée en 1997). En face de cette dernière, l’office des Nations Unies, le siège principal de l’ONU en Europe.

La « broken chair », devant l’ONU. Julien Vaurillon.

Après cette escapade institutionnelle, nous retrouvons les grandes rues commerçantes. Que faire jusqu’à 19h30 et notre train retour alors que le froid nous glace les os. Nous n’allons tout de même pas faire comme tous ces gens à attendre pour entrer chez Bershka ?

La nuit tombée offre à Genève une autre couleur en ces temps de fêtes de fin d’année. Arbres, ponts et rues s’illuminent. Réverbérant leur lueur artificielle sur le Rhône et non loin de là, le lac Léman. De quoi nous dire un au revoir en symbiose parfaite avec la devise de la ville. « Après les ténèbres la lumière. »

La pleine lune comme dernier camarade. Julien Vaurillon.

A savoir :

  • Henri Dunant le créateur de la Croix-Rouge est originaire de Genève
  • La devise de la ville est « Post tenebras lux », ce qui signifie « après les ténèbres la lumière »
  • Le 12 décembre la ville commémore « l’Escalade », la victoire de la république protestante sur les troupes du duc de Savoie. Une petite vidéo ludique explique cet événement historique ci-dessous.

@inessotopro @jvaurillon

Un avis sur « Récit n°14 – Genève, la ville du bout du lac »

  1. Débarquer dans une grande ville, après avoir traverser nos belles contrées, c’est un choc ; et en plus débarquer dans le monde de le Finance, alors là ouille ouille ouille 😅

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