Récit n°19 – Un conte éveillé

Calme et enchanteresse, la Bresse nous charme. Le ventre et l’esprit se délectent d’elle.

Tout est calme. La journée passée me rappelle un poème de Maurice Carême. Il commençait ainsi : « Tout est calme, si calme. La neige verticale tombe dans l’hiver blanc. » Une sérénité qui ne nous a pas quitté ce lundi. Résultat, à la fin de la journée : la bonne fatigue. Comme on aime nommer cet épuisement du corps après une bouffée de nature. Et comme on aime le ressentir, une fois au chaud. L’esprit est comme apaisé. Le visage souriant et rêveur.

Rebroussant quelque peu chemin, nous avons grimpé jusqu’à Tramayes. Retour en Saône-et-Loire. Un épais brouillard a enveloppé notre ascension. Nous voilà au plus haut point du département. Accueillis par quatre taureaux charolais, nous avons encore discuté fromage. Pas avec eux. Avec une éleveuse et fromagère. 

Hérons cendrés, aigrettes, faisans, cigognes. Ils picorent dans les champs humides. Nos routes en sont chargées et nos yeux sortent de nos orbites pour les observer. Une petite biche broute dans les hauteurs, près de notre destination du jour. Un décor habituel pour les habitants des campagnes, plus surprenant pour nous. La beauté des branches alourdies par la neige, de quelques animaux touffus et paisibles nous émerveille.

Château par-ci, église par-là

Féerique. Il est le mot le plus représentatif de cette journée. On l’a répété maintes fois : « On se croirait dans un film ! » Pour ajouter à ce conte vivant, nous avons pénétré dans le vieux bourg médiéval de Labergement-Clémenciat. Au milieu de ses ruines rosées, nous nous sommes imaginés ses habitants. Leur quotidien bien différent du nôtre, malgré un décor similaire. Puis nous avons longé le château de Pierreclos. Le poète Alphonse de Lamartine y retrouvait d’ailleurs son amante Nina Pierreclau. Avec qui il eut un fils. 

Après une fromagerie sous la neige, un château et les ruines d’un bourg, place à l’église Saint-André-de-Bâgé. Son clocher octogonal et son architecture romane rendraient jalouses plus d’une église. Entourée de son cimetière, elle domine. Sur une petite porte de bois à gauche est inscrit : « Si vous voulez visiter, passez récupérer les clés à l’office de tourisme ». Aussi simple que cela. D’ailleurs, la simplicité c’est ce qu’il se fait de mieux dans l’assiette. Surtout lorsque les herbes qui parfument notre omelette de ce lundi soir viennent du jardin. Et le vin pétillant d’un village voisin. Et les faisselles au lait de l’Ain. Digérant dans le calme, nous nous sommes laissés engloutir par la paisible nuit.

@inessotopro

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