Récit n°36 – Bâle la belle

Nous avons décidé de laisser une deuxième chance à la Suisse. Après Genève, nous avons arpenté Bâle, la troisième ville du pays et la capitale culturelle.

Elle me faisait de l’œil depuis la préparation de notre périple. Et si Bâle l’artiste nous est apparue amputée de ses musées, elle nous a tout de même offert tout son charme et son harmonie.

Il fait encore nuit ce vendredi matin quand nous quittons l’appartement. Si nous aimerions nous faire aussi légers qu’une plume pour ne pas réveiller nos hôtes, les craquements du parquet rappellent notre présence.

Nous voilà devant le Sommercasino. Cet ancien casino du XIXe siècle est reconverti en centre culturel pour les jeunes. Il accueille surtout des concerts et des fêtes, ses locaux sont aussi loués aux jeunes artistes de la région.

Le Sommercasino est devenu le terrain de jeu des graffeurs. Julien Vaurillon.

Fleuve et fenêtre

« Ô Rhin, sais-tu pourquoi les amants insensés, abandonnant leur âme aux tendres rêveries, par tes bois verdoyants, par tes larges prairies, s’en vont par leur folie incessamment poussés ? » Alfred de Musset. Je découvre ce fleuve pour la première fois.

Le soleil levant se reflète dans l’imposante tour Roche. L’entreprise, leader pharmaceutique mondial, a fait de son siège social un symbole. Le building construit comme une sorte d’escalier a été réalisé par les architectes Herzog & de Meuron. Elle culmine à 178 mètres, ce qui en fait le bâtiment le plus haut de Suisse. Mais plus pour longtemps car elle sera détrônée par… Sa soeur. Le groupe bâlois réalise actuellement la construction d’une autre tour qui fera, elle, 205 mètres de haut.

La tour Roche verra sa soeur être inaugurée en 2021. J.V.

Mais ce qui nous époustoufle surtout du côté de cette Bâle moderne, tient en deux mots : Warteck et City Lounge. Le premier. Une ancienne brasserie créée en 1900. Tout de briques vêtue, cheminée encore intacte et escalier qui dénote. Les courbes acérées de ce dernier donnent à ce bâtiment qui abrite notamment le salon artistique des jeunes talents, une aura particulière.

Le bâtiment est une ancienne brasserie. J.V.

Que dire du second. En apparence qu’une série de halls d’exposition (dessinée par Herzog & de Meuron), nous faisons connaissance en son centre, avec « Fenster zum Himmel » (la fenêtre sur le ciel). La perfection presque terrifiante.

Existe-t-il plus parfait ? J.V.

Et dans l’assiette cela donne quoi ?

Les läckerli 
Ils ont été créés à l’occasion du concile de Bâle (1431-1449) pour les gens de l’Église. Ce terme inventé en 1720, dérivé de lecker qui signifie « succulent » en allemand, désigne des petits gâteaux carrés qui évoquent le pain d’épices. En effet, ils peuvent être à base d’épices comme la cannelle, le clou de girofle ou la noix muscade mais ils peuvent aussi être composés de miel, d’amandes ou de fruits confits. 
La Fastenwähe
La Fastenwähe est une sorte de bretzel saupoudré de cumin. Longtemps connue uniquement dans la région de Bâle, elle est aujourd’hui incontournable dans une grande partie de la Suisse. Son origine remonte au XVIIe siècle et on la mangeait exclusivement durant le carême 

Rouge sur rouge, fresque sur fresque

Nous revoilà sur l’autre rive. Direction le vieux centre. Deux bâtiments attirent irrémédiablement l’oeil. La cathédrale et son joli cloître (l’intérieur nous a plutôt laissé de marbre, à croire que nous devenons exigeants en terme d’édifices religieux). Ainsi que l’hôtel de ville. Le point commun ? Ces teintes rouges flamboyantes.

Plus discrètement. Au détour de ruelles. Un spectacle fort sympathique se déploie pourtant. Deux fresques de street-art. L’une réunissant certains des plus grands chanteurs et musiciens de la planète. L’autre des illustres scientifiques. Alors, vous en connaissez combien ?

Nous quittons Bâle après quelques instants de quiétude au bord du Rhin. Déjà conquis mais avec une envie de revenir pour découvrir ce que la cité nous réserve encore. Inès lit à voix haute quelques pages de Journaux de voyage, d’Albert Camus. Nos jambes frétillent de fatigue. La pluie alsacienne, elle, guette notre retour.

Ce que l’on veut faire la prochaine fois :

  • Parcourir les musées jusqu’à en perdre la raison (la ville en comporte une quarantaine).
  • Se laisser dériver au fil du Rhin, comme un vrai Bâlois, pour rentrer chez soi.
  • Assister à un match du F.C Bâle (c’est mon côté fan de foot).
  • Participer au carnaval de la ville, inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO, qui enflamme la cité durant 3 jours, fin février. Et y goûter la « Basler Mähsluppe », une soupe mélange de farine grillée, d’oignons, de beurre et de bouillon.
  • Découvrir le quartier alternatif de Klybeck.

@jvaurillon

2 commentaires sur « Récit n°36 – Bâle la belle »

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