Récit n°40 – Ô cathédrale magistrale

Dernière nuit à Strasbourg, ce mercredi nous quittons l’Alsace pour la Lorraine.

« Cette ville de Strasbourg me plaît plus que je ne puis dire. J’aime ce caractère alsacien, quelque chose d’hospitalier et de libre », déclarait Edgard Quinet. Du premier pas au dernier, Strasbourg nous aura charmé. Nous l’aurons découverte si peu mais déjà de nombreuses façons. A pied. A vélo. En tramway. Sous la pluie. La nuit. Sous le soleil. Avec toujours en ligne de mire, sa superbe cathédrale.

Rose au lever
Mauve au coucher
L'effet du soleil contre ton grès1
Contre vents et marées tu t'es élevée
Jusqu'à être du monde le sommet façonné2

En ton sein tout un tas de saints
Horloge comptant les heures3
Statue du tentateur4
Rose d'Erwin5, vitraux renaissants

Ô emmène-moi6
Prodige du gigantisme, du délicat7

1 : Les murs de la cathédrale sont principalement construits à partir de grès rose des Vosges.

2 : La flèche de l’édifice culmine à 142,15 mètres de hauteur. Faisant de la cathédrale, entre 1647 et 1874, le plus haut édifice du monde.

3 : Construite durant le XVIe siècle, l’horloge astronomique de la cathédrale était considérée, à l’époque, comme l’une des 7 merveilles de l’Allemagne.

4 : Une légende explique l’origine du vent soufflant autour de la cathédrale. Autrefois, le Diable survolait la terre, en chevauchant le vent. Il aperçut ainsi son portrait sculpté sur la cathédrale, sous l’apparence du Tentateur courtisant les Vierges folles. Très flatté et curieux, il entra dans la cathédrale pour voir si d’autres sculptures le représentaient. Retenu prisonnier dans le lieu saint, le Diable ne put en ressortir. Le vent l’attend toujours sur le parvis et hurle aujourd’hui encore d’impatience sur la place de la cathédrale.

5 : La seule rosace éclairant l’intérieur de l’édifice depuis le mur de la façade du parvis, a été réalisée par Erwin de Steinbach.

6 : L’édifice reposerait sur d’immenses pilotis de chêne qui s’enfonceraient dans les eaux d’un lac souterrain. Une autre légende raconte que sur ce lac rôderait une barque apparemment sans passeur, mais dont on entendrait néanmoins le bruit des rames. Le passeur n’est invisible qu’aux vivants mais c’est un vieillard à cape rouge et à barbe blanche qui porte dans sa barque les âmes des enfants Alsaciens devant naître. Pour avoir la chance de naître, l’âme demande au passeur de l’embarquer d’un « Hol mich ! », en français : « Emmène-moi ! »

7 : « Hier j’ai visité l’église. Le Munster est véritablement une merveille. Les portails de l’église sont beaux, particulièrement le portail roman, il y a sur la façade de très superbes figures à cheval, la rosace est noble et bien coupée, toute la face de l’église est un poème savamment composé. Mais le véritable triomphe de cette cathédrale, c’est la flèche. C’est une vraie tiare de pierre avec sa couronne et sa croix. C’est le prodige du gigantesque et du délicat. J’ai vu Chartres, j’ai vu Anvers, il me fallait Strasbourg. » Victor Hugo. Le Rhin. Lettre XXX.

@jvaurillon

2 commentaires sur « Récit n°40 – Ô cathédrale magistrale »

  1. J’ai vraiment envie de découvrir cette ville et , grâce à vos récits, nous aurons de belles références !! Merci nos 2 super- journalistes 😘

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