Récit n°41 – Il était une fois… Une rencontre

« L’effet boule de neige. » L’expression est connue. Utilisée à toutes les sauces. Alors je me permets de l’utiliser dans ma recette du soir.

Une boule de poudreuse grossit de plus en plus créant, dans notre cas, un cercle vertueux. Notre aventure avance et, lentement mais sûrement, se déploie grâce à nos rencontres, aux personnes qui nous accueillent, nous racontent leurs histoires. Je vais donc vous en raconter une, d’histoire. Celle d’une rencontre qui en entraîne une autre. Les protagonistes que nous sommes, logent à Strasbourg chez Eskandar et Eric depuis ce dimanche. 

Plantes grasses, retombantes, peuplent l’appartement. De la cuisine bleue, la cathédrale Notre-Dame dévoile chaque jour un nouveau visage. Le fils de notre hôte est décorateur d’intérieur. Il a apporté un peu de forêt, de nature entre ces murs. Ce soir-là, le dernier dans cette ville qui nous fait tant de bien, nous faisons mijoter une courgette, quelques falafels. Une purée maison réchauffe dans le micro-onde. Elle est trop poivrée. La veille nous avons cuisiné les spätzle, pâtes alsaciennes. Christine nous a conseillé plus tôt un pinot gris bio. Elle est spécialiste du rayon vin dans un commerce. Nous en proposons à Eric, qui décline. 

Installée sur les toilettes, mon esprit divague. Julien débarque en trombe. Eskandar, l’autre occupant de notre logement, nous propose un verre et une discussion dans le salon. Prêts à enfiler notre pyjama, nous récupérons finalement notre verre à pied lavé, la bouteille entamée. La discussion se fait, chacun raconte son histoire entre quelques gorgées.

Deux hommes liés au terroir 

L’un est fils de boulanger pâtissier, originaire de Lorraine. La prononciation allemande n’est pas un problème pour lui. Il nous montre le baeckeoffe-schaesel. Un plat typique. Une poterie de Soufflenheim. Le sien est bleu avec des fleurs blanches peintes en relief. Dedans mijote le baeckeoffe, des pommes de terres avec trois viandes. L’agneau, le boeuf et le porc.

L’autre est maître d’hôtel dans le restaurant de la maison historique Kammerzell. Bâtisse médiévale qui fait face à Notre-Dame. Bavard et fin connaisseur de la ville qu’il a choisi au hasard, il y a 12 ans sur un quai de gare, fuyant Paris, il dévoile de nombreuses histoires. « J’ai tellement l’habitude de les raconter aux clients. » Il a aussi des photos d’archives, avec de vieilles voitures et des militaires. Il en est fier.

Bretzel, liqueur, kougelhopf. La nourriture rassemble, délie les langues. Eskandar nous questionne : « Vous partez tôt demain ? » Nous n’avons pas d’heure fixe. « Alors, si vous voulez, je vous fais découvrir le restaurant où je travaille. » Nous ne pouvons refuser cette alléchante invitation. Rendez-vous est donné à 8h30 dans le salon.

Lait avalé pour Julien. Eskandar glisse son paquet de cigarette dans sa veste. Nous marchons côte à côte sous la neige, qui tombe depuis le petit matin. Le responsable nous attend à 10h. Dans le petit salon, nous échangerons finalement avec le chef cuisinier. Nous grimperons les étages, accompagnés des cadres de personnalités ayant dégusté la célèbre choucroute. Sophie Marceau, Poutine. Mais ça, c’est une autre histoire. 

@inessotopro

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