Beaujolais, entre nouveau et ancien

Nous avons rencontré Jean-Marc Pardon, l’un des 16 vignerons à gérer le Comptoir Beaujolais. Il nous explique l’origine de ce terroir viticole connu mondialement mais aussi ses spécificités.

La cave voûtée, toute de pierre vêtue, dégage un certain charme. Dehors, la statue de Bacchus, dieu romain de la vigne, monte la garde sur le parvis de l’hôtel de ville de Beaujeu, la capitale historique du Beaujolais.

Un verre de rouge pour madame, un verre de blanc pour moi. En attendant notre interlocuteur nous goûtons aux vins du Beaujolais, région viticole non loin de la capitale des Gaules, Lyon.

« Au fur et à mesure que les romains ont remonté la France, ils ont implanté de la vigne tout autour de la capitale des Gaules (Lyon ou Lugdunum à l’époque). Ils sont venus civiliser les gaulois », lance dans un éclat de rire Jean-Marc Pardon, vigneron.

Un comptoir, 16 vignerons

Créé en 1956 par les vignerons des Beaujolais-Villages pour la promotion et l’authenticité de l’appellation, le caveau des Beaujolais-Villages devient le Comptoir Beaujolais. Une nouvelle vitrine des appellations du Beaujolais mise en avant par des producteurs. « On est 16 vignerons. On a trois vins chacun. On couvre toutes les appellations. On tourne au niveau de l’accueil », explique Jean-Marc.

L’origine du Beaujolais est donc ancienne, très ancienne. D’ailleurs, derrière certaines appellations, on retrouve encore des noms romains. Juliénas par exemple fait directement référence à Jules César.

Un nom, 12 appellations

Ce que beaucoup de personnes ignorent c’est que derrière l’appellation Beaujolais se cache en réalité 12 appellations. « Le cépage c’est le même partout, du Gamay », détaille Jean-Marc. La différence se situe au niveau des sols.

Voici la carte des 12 appellations qui composent le vignoble du Beaujolais. D.R.

Au sud, la plus grande partie des 18 000 hectares de vignes se nomme Beaujolais. « On est sur de la plaine. Sur du sol (calcaire) qui retient l’eau. Il est facile d’avoir une production conséquente donc, mais moins d’avoir une couleur profonde, une matière riche. »

« Un Beaujolais simple c’est parfait au printemps ou à l’été. Ce sont des vins légers qui accompagnent bien des plats froids, des viandes blanches ou des grillades. Vous pouvez le boire à température ambiante ou frais. Ce n’est pas comme un Bordeaux qui, frais, verra ses tanins se durcir », précise Jean-Marc.

Au nord, on rentre dans la zone dite des Beaujolais-Villages. « Des vins de coteaux, plus difficiles à travailler mais plus complexes. » Les sols, très durs, et d’origine volcanique, donnent leur force et leur côté fruité aux vins, qui peuvent être aussi bien blanc, rosé que rouge. « Avec l’âge, on diminue le blanc et on augmente le rouge », plaisante le vigneron.

Jean-Marc Pardon ne tarie pas d’éloges sur ses vins : « Nous sommes connus dans le monde entier et pour comparer avec des Bourgognes, nous avons un rapport qualité prix très intéressant. Et plus nos vins vieillissent, plus ils ressemblent à des Bourgognes. Parce que le Gamay est un cépage qui provient du Pinot à la base. »

Un vin nouveau, une qualité qui s’élève

Mais quand on parle du Beaujolais, on pense aussi au Beaujolais nouveau, au folklore, au marketing. Une pratique pas si nouvelle puisque « les romains n’attendaient pas pour commencer à boire le vin. » Il faudra attendre les années 60 pour que le Beaujolais nouveau soit remis au goût du jour.

« Certes il y a eu plus de production mais du coup moins de qualité. Cela a eu un effet néfaste sur notre image. Actuellement la qualité revient et c’est une bonne chose. » Jean-Marc explique d’ailleurs que faire du nouveau, « c’est ce qu’il y a de plus dur à réaliser car il faut savoir manier le vin rapidement. »

« Un Beaujolais nouveau avec des grillades c’est excellent », conseille le vigneron. Tout comme une appellation village avec de la charcuterie ou du fromage de chèvre. Vous l’aurez compris, le Beaujolais est polyvalent. Et son rapport qualité prix grandissant pourrait bien lui présager un avenir radieux.

@jvaurillon

3 commentaires sur « Beaujolais, entre nouveau et ancien »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :