Récit n°60 – Quand l’Oise nous toise

De la grouillante Paris aux larges plaines isariennes, il n’y a qu’un pas, ou plutôt quatre roues.

Dans la catégorie décrochage de nuque j’ai demandé une cathédrale, encore, mais pas n’importe laquelle. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais a une petite particularité : le plus haut choeur gothique au monde. Ce dernier culmine à 48 mètres de haut. En un mot. Sublime.

Le choeur de la cathédrale culmine à 48 mètres de haut. Julien Vaurillon.

Mais l’enchantement et l’étonnement ne s’arrêtent pas là. Car si l’édifice est beau, il est également fragile. Il a d’ailleurs été victime de deux écroulements, l’un au 13e siècle, l’autre au 16e siècle. Encore aujourd’hui, la cathédrale reste inachevée. Seuls le chœur et le transept du bâtiment – que ses architectes voulaient le plus imposant de France – ont été construits.

La préfecture de l’Oise est bercée, en ce mardi de fin février par un climat qui nous rappellerait presque notre Sud. Le soleil fait d’autant plus ressortir les petites maisons de briques rouges qui nous chuchotent que le Nord n’est pas loin.

Non loin de la cathédrale nous découvrons d’autres bijoux. L’ancien palais épiscopal devenu musée. Le charmant ruisseau le Thérain. Les maisons qui le bordent. Mais il est temps de rentrer dans notre logement du soir. Nous en gardons un peu pour demain.

Résidence d’artistes

Et non, ce récit n’est pas fini. Car si cette journée s’achève en hauteur, elle a commencé les pieds dans la terre, voir sous terre. Après un reportage sur les champignons de Paris cultivés en carrière (à retrouver bientôt dans notre rubrique On s’occupe de vos oignons), nous avons pris la route du Val d’Oise.

En chemin nous avons découvert un VFP. Bon ok, nous ne sommes pas les premiers à avoir succombé aux charmes d’Auvers-sur-Oise. La dernière demeure du trublion de l’impressionnisme, Vincent Van Gogh, a attiré de nombreux artistes. Paul Gachet, Paul Cézanne ou encore Emilio Boggio, tous sont passés par là. Si Van Gogh attire les regards, un autre nom retient le notre : Charles-François Daubigny.

Figure bienveillante, artiste novateur, précurseur de l’impressionnisme, ce Parisien de naissance va découvrir sa voie à l’aube de ses vingt ans. Avec son ami d’enfance, ils cassent leur tirelire commune destinée à financer un voyage et partent à la découverte de l’Italie. À la vue des paysages magnifiques, Charles-François Daubigny se conforte dans son envie de devenir paysagiste.

Les copains d’abord

Les paysages, et surtout ceux comportant de l’eau le fascinent. En 1857, pour être encore plus près du motif et de l’eau qu’il aime tant représenter, Daubigny achète un bateau, qui jadis servait de bac :  le « Botin ». Il y fait aménager une cabane pour pouvoir s’y abriter et le cas échéant, y dormir. Cela deviendra son Bateau-Atelier. 

En 1861, il fonde le premier foyer artistique d’Auvers-sur-Oise. La Maison-Atelier de Daubigny devient vite l’occasion de rencontres et de travail. Daubigny compte de nombreux élèves. 

« C’est grâce à Daubigny et à Durand Ruel que plusieurs amis et moi-même ne sommes pas morts de faim, sur le pavé de Londres, en 1870 : ce sont des choses que l’on n’oublie pas« , écrira Claude Monet, symbolisant le caractère bienfaisant de Daubigny.

Aujourd’hui il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris, il repose auprès de Corot, son ami de toujours. Ils avaient exprimé l‘envie d’être enterrés proches l’un de l’autre pour pouvoir continuer à rire ensemble.

Aux détours de l’Oise, point donc de mépris, mais une bienveillance ambiante. Des artistes aux ruisseaux, des maisons aux vitraux.

@jvaurillon

4 commentaires sur « Récit n°60 – Quand l’Oise nous toise »

  1. Encore une région que nous fréquentions sans connaître toutes ses richesses !!
    Une époque où nous vivions à 200 sans prendre le temps de découvrir…

    J'aime

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