Récit n°68 – Lille l’insolite

Ce lundi nous poursuivrons notre route et quitterons Lille. Mais avant cela, suivez le guide pour une petite visite insolite de la ville.

La capitale historique du Nord regorge de petits détails croustillants. Des parcelles de temps qui vous sautent ou non aux yeux lorsqu’on se balade. Alors pour impressionner même les Lillois du cru, voilà une visite de Lille en 10 lieux insolites.

La déesse de Lille

On commence par un lieu qui ne semble pas du tout insolite de prime abord. Grand’Place de Lille, lieu central de la ville où vous pouvez apercevoir un beffroi à deux pas de là, les locaux de La Voix du Nord (journal de presse quotidienne régionale), ou encore la vieille bourse. Mais aussi la déesse de Lille. Imposante statue de femme perchée sur une colonne de 12 mètres de haut.

En plein centre de la Grand’Place de Lille se dresse la déesse au boutefeu. Julien Vaurillon.

Construite en 1845 par le sculpteur douaisien Théopile Bra, la statue de la déesse au boutefeu* est un monument qui commémore l’héroïsme des Lillois lors du siège de Lille par l’armée impériale en 1792. Mais alors quoi d’insolite ? Et bien cette statue n’aurait pu jamais voir Lille. Puisqu’elle devait, à l’origine, coiffer le sommet de l’Arc de Triomphe de Paris.

L’hôtel Carlton

Face à l’Opéra se dresse un superbe hôtel quatre étoiles. Le Carlton. Ce nom vous est familier ? C’est peut être à cause de l’affaire DSK. Mais l’anecdote est ailleurs. Construit en 1925 par l’architecte lillois Armand Lemay, le luxueux hôtel a été financé par… La reine d’Angleterre, Mary de Teck, épouse du roi George V.

L’hôtel Carlton de Lille et sa majestueuse coupole. J.V.

La reine séduite par l’emplacement décide d’investir en 1920 dans ce projet à travers la société anglaise Carlton. Clin d’oeil architectural à la reine : la coupole monumentale en cuivre qui rappelle étrangement une couronne royale. Elle abrite en fait la suite coupole et ses 100 m2 pour une vue à 360 degrés de la ville. Alors, vous êtes tentés ?

Les boulets, souvenirs encastrés

Après le Carlton, traversez la place du théâtre. Vous arrivez rue de la bourse, devant de belles devantures d’immeubles de style flamand. Regardez cette photo. Notez vous quelque chose d’insolite ?

Des boulets de canon sont fichés dans les façades. Oui oui, vous ne rêvez pas. Sauf que ces derniers ne sont pas arrivés là lors de combats. Ils ont été encastrés dans les murs par souci de commémoration. On en revient à cette fameuse année 1792 et au siège de Lille au cours duquel la ville en reçoit plus de 30 000.

L’immeuble proue

Le point commun entre la cinquième avenue new-yorkaise et Lille ? Angle du boulevard Carnot et de la rue de la clef. Cet immeuble étrange ne vous rappelle toujours rien ?

Lille à gauche, New York à droite. J.V et D.R.

Érigé en 1912 – contre 1902 pour son cousin américain – l’immeuble proue restera le premier et dernier élément de l’alignement haussmannien qui devait être bâti le long du nouveau boulevard.

Le chat barré

Enfoncez vous quelque peu dans le vieux Lille et rejoignez le 10 Avenue du Peuple Belge. Une petite bâtisse doit vous attirer l’oeil. De l’autre côté des étendues d’herbe qui surplombent un parking souterrain, là où jadis coulait la Deule.

Sur le porche d’inspiration romaine on peut lire l’inscription « Au chat barré ». Si aujourd’hui le bâtiment abrite un cabinet d’avocat, « Au chat barré » était au début du 20e siècle un estaminet (restaurant typique du Nord). Et si on remonte encore plus loin on découvre qu’avant d’être un estaminet, « Au chat barré » était un… cabaret. Le mot « chat » en patois local se dit « cat », d’où le rébus : « cat barré ».

La maison jaune

Si la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille est peut-être la plus moche de France, la place Gilleson et les maisons qui se cachent derrière l’édifice religieux valent le détour. Une petite maison jaune parmi un large pourtour de bâtiments magnifiques dénote.

Cette curieuse bâtisse avec sa façade très colorée, son ponton d’accès qui permettait de franchir un ancien canal aujourd’hui comblé, sa grille, ses deux fenêtres et son mascaron grimaçant pour éloigner les mauvais esprits, est souvent considérée à tort comme la plus petite maison de Lille. En réalité elle n’est qu’un passage pour accéder à un immeuble de la place du Lion d’Or voisine.

Loge Maçonnique

Direction le 2 rue Thiers. Sphinx. Pyramide. Colonnes. Aviez vous déjà vu un temple maçonnique s’afficher de façon aussi ostentatoire ? Nous non. Le bâtiment abrite la loge « La lumière du Nord », fondée en 1893.

Plusieurs symboles de la franc-maçonnerie sont représentés sur la façade. J.V.

Le passage des Trois-Anguilles

120 mètres de long pour… 1m20 de large. Le passage des Trois-Anguilles relie actuellement le 29 rue Voltaire au 22 rue Négrier.

Un raccourci atypique, le passage des Trois-Anguilles. J.V.

Le mémorial des pigeons

Après avoir rejoint les bords de la Deule, traversez le seul pont piéton couvert de France, le pont Napoléon, puis rendez vous au pied de l’entrée de la citadelle Vauban.

Né il y a plus de 200 ans le pont Napoléon a été reconstruit 3 fois. J.V.

Ici vous allez y découvrir un monument dédié aux pigeons voyageurs morts pour la France. Le monument présente « La Paix » personnifiée qui se dresse dans une nuée d’oiseaux avec à ses pieds un bouclier où un pigeon écrase un serpent symbolisant l’ennemi. Les bas-reliefs montrent les soldats de première ligne trouvant dans le pigeon l’ultime messager possible quand toutes les lignes de communication sont rompues. Sur les côtés, les lieux où les pigeons se distinguèrent sont mentionnés : Verdun, Douaumont, Les Flandres.

Le monument a été inauguré en 1936. J.V.

Porte de Paris

On finit cette balade insolite un peu à l’extérieur du centre-ville puisqu’on se retrouve devant la porte de Paris. Si Lille possède donc une citadelle Vauban confectionnée au 17e siècle, les premiers remparts sont encore antérieurs. Qui dit remparts, dit aussi portes pour entrer et sortir de la ville. Lille en compta près d’une vingtaine. Désormais il en reste six, dont trois situées à proximité de la citadelle.

La porte de Paris est sans doute la plus belle. Construite de 1685 à 1692 pour célébrer les victoires de Louis XIV et le rattachement de Lille à la France, elle remplace alors la plus modeste porte des Malades construite au 13ème siècle avant de prendre son nom actuel en 1793.

Derrière elle sur la photo de droite vous apercevez le beffroi de l’Hôtel de ville. Car si tout le monde connait celui de la Chambre de commerce, certains ignorent qu’il est postérieur à celui visible ici. Inauguré en 1932, c’est le plus haut beffroi civil d’Europe.

*Un boutefeu est un bâton muni d’une mèche servant à enflammer la charge de poudre d’une bouche à feu.

@jvaurillon

4 commentaires sur « Récit n°68 – Lille l’insolite »

  1. Super article! Merci pour cette visite enchanteresse de Lille !!! Et ces magnifiques photos avec un ciel qui fait rêver dans « ch’nord » 😁

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