Récit n°72 – Sous le regard de Napoléon, street-art et poissons

Après Lille, Dunkerque et Calais nous avons découvert une autre ville du Nord. Boulogne-sur-Mer.

Si je suis aussi bon en géographie, cela ne tient qu’à une chose. Le football. La première fois que j’ai entendu parler de Boulogne-sur-Mer, c’était à travers ce petit poucet : l’Union sportive Boulogne Côte d’Opale (USBCO). Qui, le temps d’une saison en 2009-2010, avait côtoyé le plus haut niveau français. Un peu plus de 10 ans plus tard, je loge dans une maison en face du stade de la Libération, l’antre de l’USBCO. Si ça, ce n’est pas un signe.

Bon. Arrêtons de parler foot. Sinon Boulogne c’est quoi ? Pour Ludovic, mon ancien chef à la rédaction de Midi Libre Montpellier. « C’est la meilleure ville de France. » Je le soupçonne d’être un peu chauvin, lui qui est né ici, à Boulogne. Le mieux c’est encore d’aller voir par nous même. C’est parti !

Un air de Rome et un petit beffroi

Boom. Me revoilà en 2016, du côté de Rome. Si si, je vous assure, cette basilique Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception me fait penser à la basilique Saint-Pierre, qui siège dans la capitale italienne. Et cette impression est voulue.

Depuis 160 ans, la basilique Notre-Dame domine la ville de son dôme vertigineux de 100 mètres de haut. Elle succède à la cathédrale médiévale, détruite en 1798, et doit son existence à un seul homme, l’abbé Haffreingue. Ce prêtre modeste, et architecte amateur, consacra sa vie à la renaissance d’un sanctuaire dédié à la Vierge Nautonière. Saint-Paul-de-Londres, Saint-Pierre de Rome et Saint-Louis des Invalides ont été ses sources d’inspiration.

Malheureusement, ce jeudi 11 mars. Le dôme de la basilique est habillé d’échafaudages et sa crypte, l’une des plus imposantes de France, est fermée. Nous reprenons notre chemin guidés par la douce pente qui mène à la mer.

Sur notre route se dresse un beffroi. Bien moins grand que celui de Calais et qui dénote quelque peu par son style médiéval, avec l’hôtel de ville en brique auquel il est accolé. Nous quittons les remparts de la vieille ville à la recherche de poissons.

Crevettes et street-art

Car oui, Inès a entendu dire que le port de Boulogne était le premier de France. Oui mais de quoi ? De pêche. Il est également une importante plateforme européenne de préparation, de transformation et de commercialisation des produits de la mer. 300 000 tonnes de poissons sont traités dans les 150 entreprises de la ville.

Un peu de crevettes. Beaucoup de turbots. Énormément de soles. Voilà ce qu’on trouve chez Valérie, Enzo et les autres, quai Gambetta. Le tablier enfilé, tout comme le masque, les employés de nombreuses entreprises familiales vendent leur pêche directement à la sortie du bateau.

Le port c’est aussi l’occasion de croiser la route de Batisse et Zabelle, deux figures emblématiques du folklore local, deux géants… Encore.

Batisse et Zabelle, l’histoire de deux géants

Dans le boulonnais, c’est ainsi que l’on prononce le prénom de Baptiste. Ce géant de 3,80 m de haut et de 60kg est porté par une seule personne. Fidèle à l’esprit de la commune de pêcheurs, le géant inauguré en 1923, porte sur l’épaule gauche un filet et est vêtu d’un costume de marin pêcheur : pantalon de drap, casquette, vareuse et foulard autour du cou.

Il est courant depuis près d’un siècle de le rencontrer sur les fêtes de la côte et lors des rassemblements régionaux de géants, accompagné de son épouse Zabelle. Aujourd’hui, Batisse en est à sa quatrième version, inaugurée en 2003, tout comme sa conjointe !

L’épouse de Batisse, Zabelle, fut de même inaugurée en 1923 et présente les mêmes proportions que son mari. Elle porte une robe noire du début du siècle recouverte d’un châle blanc au niveau des épaules ainsi qu’un soleil boulonnais, coiffe traditionnelle en dentelle blanche empesée, formant une auréole. Cette coiffe est issue d’une mode lancée dans les années 1840 et était également portée par les matelotes calaisiennes.

Si nous avons donc croisé des personnes ancrées dans le temps, d’autres ont rejoint la côte depuis peu. Depuis 6 ans, la ville aux 2000 ans d’histoire organise un festival de street-art. Un événement qui permet d’embellir des bâtiments qui n’ont pas le charme de la vieille ville. Les fresques géantes fleurissent donc, aux quatre coins de la commune.

Il a sans doute trouvé ça étrange tout ce street-art. Juché sur son perchoir de 54 mètres depuis le 19e siècle. Napoléon Bonaparte dans sa deuxième version observant la ville, le dos tourné à la mer (une première statue faisait apparaitre Napoléon dans son costume de sacre, la croix de la Légion d’honneur à la main. Le général de Gaulle fit remplacer la statue, endommagée, en exigeant toutefois que Napoléon figure en habit de « petit caporal » et non en habit d’empereur).

Boulogne-sur-Mer c’est donc ça, un panel d’histoire incroyable. Entre une basilique aux inspirations romaines. Napoléon. Les crevettes et les street artistes. Des remparts et la mer. En somme, bien plus que du foot.

@jvaurillon

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