Récit n°85 – La chronique du port

Se balancer de gauche à droite, de droite à gauche. Deux jours sur un bateau dans le port de Cherbourg. Une drôle d’expérience.

Longer la passerelle, entourés de voiliers endormis, comme on longerait un couloir pour se rendre au petit coin. C’est ce que nous vivons depuis deux jours. Et la vie de marin, on s’y habitue vite. Serviettes autour du cou, gel douche et rechanges dans le sac, on se dirige vers la capitainerie vêtus de notre pyjama. L’eau chaude est projetée en hauteur, nous voilà réveillés pour de bon. Brossage de dents et ajustement des cheveux, nous nous redirigeons vers notre maison sur l’eau.

On a cru rêver. Le premier matin en longeant les bateaux voisins nous voilà au même niveau que la jetée. Pourtant il nous fallait descendre à pic pour rejoindre notre nid la veille. Les marées sont passées par là. Le spectacle est assez impressionnant. Les grosses pierres sont presque recouvertes, les piquets qui dessinent notre allée sont à moitié sous l’eau. La mer est montée sans crier gare.

Des gens en short, Napoléon et des poissons

Éplucher des pommes de terre tout en tanguant légèrement ne me perturbe plus . L’eau bout. J’ouvre le mini hublot pour que les vapeurs chaudes s’envolent. Pendant que nous travaillons bercés par la mer, de nombreuses personnes viennent entretenir leur embarcation. Nettoyeurs haute-pression, coup de peinture, jets d’eau. En fin de journée, on se retrouve sur notre petit pont pour faire s’entrechoquer nos mousses.

Ça grouille de poissons. Et quand la mer est haute, ils fuient ou se cachent. Nous dormons à l’avant du voilier, notre lit se termine en pointe. La nuit nous sommes au niveau de ces petits êtres à nageoires. Lorsque nous quittons le navire, plus d’hésitation lorsqu’il faut enjamber la barrière. Je m’accroche à un câble avant de poser un pied à terre.

Micro visite de Cherbourg, nous avons un rendez-vous de dernière minute. La ville industrielle nous a accueilli avec ses grands hangars destinés à la construction navale. Des rues commerçantes, des passants en shorts et robes, une statue de Napoléon. Tout le monde ne cesse de nous faire remarquer le beau temps. Le soleil tape et fait fuir les nuages. Ici le vent et la grisaille sont plus courants. C’est du port que nous garderons le souvenir, de notre courte et mouvante expérience.

@inessotopro

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