Récit n°93 – Rennes, théâtre du second procès Dreyfus

Le mois d’août 1899 a été particulièrement animé à Rennes. Un flot de journalistes présent pour le procès en révision. La ville coupée en deux, partisans versus opposants.

En quittant le centre-ville de Rennes, nous passons devant un établissement qui attire notre regard. Le lycée Émile Zola. C’est ici qu’en août 1899, dans la salle des fêtes inoccupée, avait lieu le second procès du capitaine Alfred Dreyfus. L’une des plus grosse erreur judiciaire française, qui nous est racontée au cours de notre parcours scolaire, a connu l’un de ses rebondissements en Bretagne. Et pas n’importe lequel.

Petit retour en arrière

1893, Alfred Dreyfus est capitaine-stagiaire à l’état-major, au Ministère de la guerre. Un an plus tard le contre-espionnage français découvre un papier révélant la transmission d’informations à l’Allemagne. Il faut trouver le traître. L’écriture soit disant semblable à celle d’Alfred Dreyfus suffit à l’accuser. Il est condamné au bagne à perpétuité pour espionnage. Une accusation sous couvert d’antisémitisme.

Procès en révision. Des preuves de l’innocence du capitaine sont connues dès 1896. La justice militaire n’a pas d’autre choix que d’examiner à nouveau le dossier. Ce deuxième procès est donc engagé. Un mois d’audience qui va diviser la cité bretonne. 70 000 habitants à l’époque, et une marée de journalistes. Très militarisée, la ville compte beaucoup d’opposants au condamné. Antidreyfusards et partisans s’opposent.

Le long des grilles du lycée rennais, des pancartes nous ont replongé dans cet événement de notre histoire. Elles sont liées aux 120 ans du second procès. En 2019 la ville de Rennes « se souvient et en parle » s’appuyant sur une programmation culturelle : conférences, visites, expositions, spectacle vivant…

Suivre l’histoire à la trace

Cette découverte me replonge dans nos vadrouilles parisiennes. Guidés par l’envie de découverte nous étions tombés par hasard sur l’ancienne devanture de L’Aurore. Le quotidien parisien qui avait accueilli en première page le 13 juillet 1898 la lettre ouverte adressée à Félix Faure, alors président de la République. « J’accuse », d’Émile Zola.

À savoir

Le musée de Bretagne a un fonds entier consacré au dossier Dreyfus. 6 800 pièces, valorisées dans un parcours permanent qui retrace les grands moments de cette histoire. Lettres de soutien, cartes postales, affiches, photographies, dessins, revues, objets… À découvrir lorsque les musées rouvriront leur portes…

L’issue du procès, je vous la rappelle. Le 9 septembre 1899, après des semaines de tension où l’un des avocats de Dreyfus est victime d’une tentative de meurtre à Rennes, le capitaine est une nouvelle fois condamné. « 10 ans pour trahison avec circonstances atténuantes. » L’indignation collective pousse le président Émile Loubet à gracier l’accusé à tort. Il faudra attendre 1906 pour que la Cour de cassation casse le jugement rendu à Rennes et que Dreyfus soit enfin innocenté rétabli dans ses « droits ».

@inessotopro

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