Récit n°109 – Brest le phénix

Brest a la réputation d’être une ville grise, pluvieuse. Détruite entièrement en 39-45 elle a dû renaître de ses cendres. Du neuf, du béton, du carré mais aussi du charme.

Des portes jaunes, rouges. Des façades violettes, vert fluo. Rue Félix-Le Dantec les maisons sont pétillantes. Ce sera l’ultime étape de notre excursion brestoise. Et ce quartier vient donner tort à ceux qui accusent la ville du Finistère de sombreur. Un accord entre voisin, une opération colorée encouragée par la commune.

Bombardée, meurtrie. Brest a été entièrement rasée. Étienne a 28 ans, il est Brestois et il aime sa ville. « Beaucoup l’accablent. On se sent obligés de la protéger. » D’où un chauvinisme exacerbé dans le coin. D’après le grand brun.

Partie en fumée

Les Allemands occupent la ville à partir de 1940. Le deuxième port militaire français tient une position stratégique qui poussera les Alliés, en réaction à l’occupation, à le bombarder. 165 fois. 965 morts, 740 blessés graves. 200 immeubles vont demeurer en 1944.

Populaire, « de plus en plus dynamique », étudiante. La ville vit après le néant et la poussière. En ce lundi midi emporté par le vent, un burger face à l’hôtel de ville. Plutôt vilain, tout comme celui du Havre. Dont l’histoire architecturale est jumelle. La reconstruction de Brest a été orchestrée par l’urbaniste en chef Jean-Baptiste Mathon, secondé par Maurice Piquemal. Dans l’alignement, nous observons l’important monument aux Morts.

Effervescence et renaissance aux Capucins

Couvent au 17e, caserne puis outil de production de militaire, le site des Capucins abritait les ateliers de construction de grands navires. À voiles puis à vapeur. Pas de répit ici non plus, les bombardements feront des dégâts. Une reconstruction partielle redonnera un visage aux Capucins. 2004 sera l’année du déplacement de son activité industrielle.

Patins à roulettes slaloment dans l’une des grandes artères de l’ancien site naval. Nous apercevons même un joueur de hockey taquinant son palet. Deux majorettes s’exercent au sol avec leur bâtons. Un concentré de vies humaines revigorant. Les Capucins ont été réhabilités. Un cinéma, une médiathèque ou encore un espace d’escalade ont trouvé refuge entre les épais murs.

À la sortie nous empruntons un escalier mystérieux. La rue Saint-Malo en est le débouché. C’est un peu tout ce qu’il reste du Brest d’avant guerre. De belles pierres, des portes en bois. Des individus se sont associés pour que vive cet espace. Spectacles, histoire, préservation du patrimoine, Vivre la rue oeuvre depuis 1989.

De vieux objets, des tapis et du mobilier récupéré habille la rue Saint-Malo. Elle est si vide. Malgré cela, nous nous projetons aisément dans son ambiance conviviale. Les chats errants en sont actuellement les gardiens. Ville de marins, de militaires, d’ingénieurs, d’humains avides d’un jour nouveau. Brest est loin d’avoir dit son dernier mot. Allez-y.

@inessotopro

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